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Nathalie Jeannot a lâché son poste de responsable d’un des services d’un grand laboratoire pour devenir vigneronne. Portrait. Par Antonia Jimenez.

Les routes, les aéroports, le management, les séminaires, les chiffres d’affaires, les bilans, les tableaux de bord, la stratégie…, c’est du passé pour Nathalie Jeannot.

Aujourd’hui, le bitume des capitales européennes a fait place à la terre maraussanaise, plus précisément les vignes du domaine de la famille Pegolotti.

« Compagne d’Isabelle, la fille de René et Henriette Pegolotti, je venais régulièrement durant les vacances de Noël. J’aidais la famille pour la taille. J’adorais ce temps qui se pose, le rythme naturel du travail de la vigne, à vitesse humaine », se souvient l’ex-citadine, passionnée de vin. Mais entre le boire et le produire…! »

Un besoin « de changer de rythme »

Le vin n’était plus vinifié à la cave familiale depuis 1985, qui d’ailleurs n’était plus qu’un grand débarras. L’exploitation fonctionnait au ralenti.

Le frère d’Isabelle, Laurent, portait la vendange à la coopérative, ne cultivant que 80 % des 25 ha d’origine. « Ça faisait quelques années que je ressentais un besoin de changer de rythme. Les chiffres, les aéroports, le management, j’en avais plus qu’assez. Je cherchais, sans vraiment chercher, une autre vie. »

C’est lors d’un de ses Noël de taille que tout a basculé, « dans un moment lent, de vide. C’était ça que je voulais faire ! ». Ça, la vigne, la terre, le vin. Nathalie était prête.

Elle parle à Laurent de son idée. Qui fait écho à son projet de nouvelle vie. Le projet ne mettra qu’un an à se concrétiser. Mais on ne s’improvise pas vigneronne. Après la rédaction d’un plan d’actions, Nathalie reprend l’exploitation en mai.

Du plan d’actions à la concrétisation

Elle crée une Exploitation agricole à responsabilité limitée (EARL) en novembre 2011. « Je salue d’ailleurs le courage de Laurent. Celui de repenser ensemble la nouvelle conduite du vignoble, le but étant de parvenir petit à petit à vinifier nous-mêmes. Nous avons fait le choix de commencer par ne vinifier que 10 % de la récolte. Le reste part à la coopé. »

Parallèlement, le véritable travail de restructuration de la vigne commence. Un projet sur 8 ans. Arrachage et replantation progressifs.

« Un travail titanesque. Sans compter la rénovation de la cave, l’achat de tout le matériel nécessaire ». Et se former.

L’ancienne cadre suit durant toute l’année 2012 une formation en viticulture-oeœnologie deux jours par semaine au centre de formation pour adulte de Montpellier.

La renaissance

Un an plus tard, la néo-vigneronne travaille sur une conversion bio du vignoble, ainsi que sur la biodiversité, en collaboration avec les écologistes de l’Euzières, le conservatoire des espaces naturels et la fédération des IGP.

Elle se forme à l’autodiagnostic en biodiversité, veut mettre en place l’enherbement… Un retour à la nature que la vigneronne préfère qualifier de « renaissance ».

 

Article du midi libre : http://www.midilibre.fr/2013/01/11/elle-a-troque-les-routes-et-les-aeroports-pour-les-vignes,624900.php

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